À Diffa, au Niger, des incursions de groupes armés aggravent depuis 2015 une crise humanitaire, et les seuls centres de santé opérationnels dans la commune de Diffa ferment vers 14 heures pour des raisons sécuritaires, laissant les femmes en travail sans personnel qualifié. Le projet PRET-SRHR de l’IRC (Partnering for Resilience to Emergencies through Transformation of Sexual and Reproductive Health Rights) a formé des matrones, des accoucheuses communautaires auxquelles les familles font déjà confiance, à repérer les signes de danger chez les femmes enceintes et les nouveau-nés et à les orienter vers les établissements de santé.

Le projet a aussi formé les matrones à la planification familiale, aux soins post-avortement et à la prévention de la violence basée sur le genre, formé 88 agents de santé et équipé des centres de santé. À la fin de la deuxième année, 2 922 naissances avaient été assistées par du personnel de santé qualifié dans les établissements soutenus (81 % de l’objectif triennal), 10 272 femmes avaient effectué une première consultation prénatale (76 %) et 309 avaient bénéficié de soins post-avortement (74 %). Les matrones ont par ailleurs touché 16 505 personnes grâce à la sensibilisation communautaire.

Le rapport conclut que le transfert de tâches au niveau communautaire est possible, et essentiel, dans les contextes fragiles, et que l’approche pourrait être adaptée ailleurs au Sahel. Pérenniser ces acquis nécessitera des investissements continus du District Sanitaire de Diffa, de la Direction Régionale de la Santé et du gouvernement du Niger, notamment pour financer la formation et la supervision des matrones.