L’est du Burkina Faso traverse une crise humanitaire depuis 2015, et les déplacements de population, l’insécurité et la fermeture de centres de santé contraignent de nombreuses femmes à accoucher à domicile, loin de tout soin. L’hémorragie du post-partum est la principale cause de mortalité maternelle du pays. Au centre de santé de Diabo, le personnel n’avait aucune réserve de sang pour les patients arrivant avec une anémie sévère : la seule option était une évacuation vers un hôpital à 60 kilomètres. En 2024, 67 des 140 patients transférés présentaient des cas liés à l’anémie.

Avec le district sanitaire de Fada N’Gourma, l’IRC a ouvert une banque de sang au centre de santé de Diabo, premier dépôt de sang communautaire rural du Burkina Faso. Un réfrigérateur solaire garde le sang en sécurité malgré les coupures de courant, et 27 agents de santé ont été formés à la sécurité transfusionnelle. En parallèle, 45 accoucheuses villageoises ont reçu des kits d’accouchement et du misoprostol, un médicament qui prévient l’hémorragie du post-partum.

En 2025, 26 des 31 patients de Diabo ayant une indication clinique de transfusion en ont reçu une sur place (83,9 %). Les cinq autres ont été référés à Fada, et le nombre d’évacuations médicales a diminué. Les accoucheuses ont assuré 630 naissances et orienté 1 453 patients vers des établissements de santé. Le Ministère de la Santé a aussi révisé son protocole national pour autoriser l’administration communautaire du misoprostol dans toutes les zones confrontées à des défis sécuritaires, un changement que le rapport rattache directement au plaidoyer du programme.